C’était mieux avant

famille années 50

« C’était mieux avant »

Ce n’est pas moi qui le dis, c’est 74 % des français d’après un sondage Ipsos de janvier 2014…

Selon moi, ce ressenti s’explique parce que notre société est en crise. Et je ne parle pas (que) de la crise économique. Je veux surtout parler de la crise culturelle et sociale de notre monde contemporain. Celui qui voit certaines de nos valeurs disparaître. Celui d’une société en manque de repères.

Vous le ressentez, vous aussi le manque de repères ?
Bien sûr que vous le ressentez.
Sinon, pourquoi autant d’engouement pour le vintage et principalement les 50’s américaines ?

Parce que les USA dans les années 1950 c’est THE modèle.
Grands vainqueurs de la seconde guerre mondiale, les USA deviennent la plus grande puissance mondiale. Plus grande puissance politique, militaire, économique et culturelle au monde!
Les Etats-Unis incarnent la modernité et le modèle à suivre. L’american way of life (le mode de vie américain) devient l’idéal.
Vous voyez de quoi je veux parler : La famille unie, vivant dans une jolie maison, entourée d’une pelouse bien entretenue, avec une belle voiture garée à l’avant, de beaux enfants propres et bien élevés qui feront de brillantes études dans une superbe université, et qui accèderont eux aussi à une belle vie.

famille américaine intérieur

Un ensemble bien structuré, codifié, immuable, au cadre rassurant.

Mais on ne vit pas/plus dans les années 50 aux USA…

Le constat que je dresse ci-dessous est d’abord le fruit de mes observations personnelles mais je souhaite toujours vérifier et comparer auprès de recherches menées par des professionnels.
Donc, après lecture de plusieurs études en psychologie sociale* voici ce qui apparaît :

Ici, dans nos sociétés « post modernes » nos institutions se « désinstitutionnalisent » : la famille, la religion, l’école… pour ne prendre qu’elles.

– Le modèle traditionnel de la famille a laissé la place aux familles monoparentales, recomposées, homoparentales. Il n’y a plus un type de famille mais différents types de familles. La famille est dorénavant plus le lieu de l’affect que celui de l’éducation.

– La pratique religieuse perd en intensité. On ne recherche plus forcément le salut de son âme ou la vie éternelle mais le bien-être immédiat. Et la réflexion spirituelle s’apparente parfois à une sorte de « bricolage religieux à la carte ».

– L’école est soumise aux médias, dont le savoir vaut celui des maîtres, les parents se mêlent de pédagogie. L’autorité du maître est remise en question, voire dénigrée.

Notre rapport au temps aussi est complètement modifié.

Avant, dans la société dite traditionnelle, notre existence se coulait dans les rythmes du temps : la cloche de l’église, la pointeuse, les heures de repas, les saisons.
Aujourd’hui, grâce aux nouvelles technologies, nous avons l’illusion de dominer le temps, de pouvoir être ici et ailleurs. Alors qu’en réalité nous sommes dominés par l’urgence et l’instantanéité. On veut faire beaucoup et tout de suite. Nous sommes dans l’hyper-activité.
On défie également les rythmes biologiques. La société prône le jeunisme, le refus de vieillir, on retarde la maternité, on refuse la douleur. Si on n’est pas jeune, beau et en pleine forme, c’est de notre faute. Les personnes âgées sont exclues, leur savoir parfois considéré comme obsolète.

Nous sommes passés d’une société du « Nous » à une société du « Je ».

Nous entendons décider de notre vie, de la mettre en scène. On veut construire son identité.
« JE » devient le centre du monde. L’individualisme prône.

Si « JE » devient responsable de sa vie, soi-disant maître du temps, mais que l’on n’arrive pas à la réussite personnelle, cela crée de la frustration, de la jalousie, des blessures narcissiques, une dépréciation personnelle, de l’anxiété.

D’où une envie de retrouver certaines valeurs traditionnelles qui nous donnent un sentiment de sécurité dans ce monde aux limites floues et instables.

Si vous trouvez ce constat plutôt réaliste mais désolant et si vous voulez commencer à changer les choses à votre niveau,
Si vous trouvez qu’il est grand temps de redonner du sens, de reprendre le temps, de retrouver le sens de la communauté,

alors il est grand temps de lire la suite.

Et de se pencher sur le rôle et la fonction des rites et des rituels.

Car c’est un fait : les rites de passage et les rituels sont constitutifs de nos sociétés.

Par rites de passage et rituels j’entends :

– les rites de passage scolaires (entrée en maternelle, au cp, etc),
– les rites sociaux ou de transition (commémorations nationales, grossesse, etc),
– les rites religieux (baptême, bénédiction de mariage, etc),
– les rituels du quotidien (le coucher, le passage à table, etc)

Dans tous les cas ils ont une fonction d’harmonisation et de socialisation.
Ils nous rassurent, structurent et donnent du sens à nos existences.
Ils nous relient aux rythmes de la vie,
Ils facilitent les transitions
Ils nous relient aux autres.

Etudiés et analysés par plusieurs disciplines des sciences humaines (psychologie, sociologie, anthropologie, ethnologie, linguistique), il est impossible d’en dresser une seule définition d’autant que certains scientifiques font la distinction entre rite et rituel.
Pour résumer voici les principaux traits définitoires que ce soit pour l’un ou l’autre de ces termes :

– qui est « répétable » dans une même situation.
– qui suit un certain format plus ou moins souple.
– qui dépend d’un savoir commun, d’une convention, d’un code.

Notre vie est une succession d’étapes à franchir et il est nécessaire de faire le deuil de la précédente pour passer à une période nouvelle. Cela ne se fait pas sans difficultés et les rites sont indispensables pour faciliter ces transitions.
Nous ne pouvons faire sans… à tel point que, suite à l’évolution de notre société et à la disparition de certains rites, nous voyons l’émergence de nouveaux rites.

« On dénonce régulièrement l’individualisme exacerbé, l’appauvrissement du moi, la fragilité du lien de solidarité et la perte d’idéal communautaire dans les sociétés modernes avancées. La créativité rituelle semble être une des voies, dans des sociétés en permanente mutation, par lesquelles des individus tentent de se réapproprier leur vie, de penser simultanément soi, autrui et le monde commun » écrit Michèle Fellous, anthropologue et psychologue.

Alors, oui, je ritualise, tu ritualises, nous ritualisons !

* pour aller plus loin et de façon synthétique je vous conseille la lecture du dossier « représentations et systèmes de valeurs » sur le site « psychologie-sociale.com

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