Attentats : les rituels du quotidien pour soigner le traumatisme…

 

the golden rule norman rockwell

Les événements traumatiques de ces derniers jours nous plongent dans l’effroi, l’impuissance, l’horreur.  Certains ont été touchés dans leur chair, certains ont perdu des proches… Au-delà de souffrances individuelles nous sommes tous collectivement touchés et cherchons tous la meilleure façon de nous restaurer. Je constate cette vague de solidarité en France et au-delà, j’analyse la façon très concrète que nos dirigeants utilisent pour nous délivrer les informations, j’observe les rassemblements, les symboles utilisés comme la Marseillaise, le drapeau, les bougies, les minutes de silence… Et je vois bien comme tout cela nous fait du bien. En rétablissant les liens communautaires, en donnant une structure et une signification à nos activités les rituels nous permettent de guérir du traumatisme.

Ce qui caractérise un événement traumatisant c’est son caractère hors-du-commun, il provoque une rupture violente dans la continuité de notre existence et entraîne des changements importants.

Pour restaurer notre sentiment de sécurité et de stabilité nous pouvons et devons faire appel à des solutions individuelles et collectives dont sont partie prenante les routines quotidiennes, les rites et rituels.

1. Des solutions individuelles.

« Paradoxalement c’est lorsqu’on doit affronter la mort que l’on apprend à vivre. »

Cette phrase est extraite de l’ouvrage de Gustave-Nicolas Fischer, professeur de psychologie sociale à l’université de Metz. Il explique dans son livre « Le ressort invisible » que pour surmonter certaines épreuves traumatiques des personnes arrivent à puiser des ressources latentes insoupçonnées.

La résilience, cette aptitude à survivre à des événements particulièrement douloureux, varie d’une personne à une autre. La résilience dépend de facteurs innés comme les taux de sérotonine et de dopamine dans notre cerveau et de facteurs acquis tels l’histoire familiale, les difficultés acquises dans l’enfance et son caractère propre.

  • le retour aux routines quotidiennes

Reprendre nos routines quotidiennes c’est faire revenir en nous le sentiment d’une vie normale et prévisible.  En balisant nos journées elles nous apportent les repères nécessaires qui nous permettent de retrouver le contrôle et par là le sentiment de sécurité.

    2. Des solutions collectives

« On n’est pas résilient tout seul, sans être en relation »

affirme Antoine Guédeney, pédopsychiatre et membre de l’Institut de psychanalyse de Paris. La résilience est nettement plus marquée lorsqu’une personne est entourée de proches soutenants et affectueux.

  • Etre informé

L’être humain est un être social de communication. Une bonne information, c’est-à-dire une information concrète et précise sur les événements qui se sont produits ainsi que sur ceux à venir permet de réduire le stress. Bien informés nous comprenons mieux et cette compréhension nous permet de moins subir et de ne plus être submergés par l’angoisse. L’information nous procure le sentiment de maîtrise. C’est exactement ce que font les autorités de notre pays en délivrant rapidement des informations, avec calme et fermeté. Ils ont joué leur rôle contenant et sécurisant.

  • Participer à des rituels collectifs.

« Sans rituels, les relations entre individus n’ont pas de réalité sociale. »

Dans de tels moments les êtres humains ont besoin de se sentir unis, réunis, soudés. C’est pourquoi malgré les risques de rassemblement les gens ont eu besoin de se retrouver. Les images de ces inconnus se tenant par la main lors de la minute de silence est pour moi exemplaire de ce besoin de solidarité et de lien communautaire.

Aller déposer des fleurs, se recueillir, allumer une bougie, autant de rituels qui traduisent des actions symboliquement fortes d’appartenance et de cohésion sociales.

Les rituels créent des interactions et garantissent la cohésion communautaire et renforcent la solidarité.

Mary Douglas avait bien raison en affirmant « Animal social, l’homme est un animal rituel »

 


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Evelyne Josse « Reconstruire le quotidien après un traumatisme collectif. Eloge des habitudes, de la routine, des rituels et des rites »

Jean-Marc Rémy « Réalités : l’efficacité sociale du rite »

Anne-Laure Maire « La résilience ou comment surmonter les épreuves »

Jacques Lecomte « La résistance. Résister aux traumatismes » 


typewriter Et vous, comment réagissez-vous à ces événements ? Avez-vous agi symboliquement ? Si oui, cela vous a-t’il apporté du réconfort ?


 

 

 

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